Ça fait mal, là, oui exactement là, dans la poitrine ma fille. Ce n'est pas le coeur et puis en même temps c'est un peu le coeur. C'est une douleur intense qui part du sternum, qui irradie et qui écrase, La pression sur la cage thoracique est telle qu'on a l'impression qu'elle sera broyée, réduite en poussière. Une telle pression, dis-je, une telle douleur qu'on est sûr et certain que jamais elle ne dispraîteras et peut-être même qu'on en mourra tant ça déchire. Pis encore, ma fille. Quand ça arrive, quand ça nous frappe, on a l'impression d'être seul au monde parceque bien sûr, croit-on, personne ne peut savoir; personnene peut comprendre. Ça prend la tête et puis tout le corps et ça plonge dans un état second, comme si le cerveau était choqué. D'ailleurs il esr sous le choc. On se pince pour s'assurer que ce n'est pas un mauvais rêve, que ce n'est pas un cauchemard. On se sent gelé partout, oui de la pointe des cheveux jusqu'au bout des pieds, sauf là oui, exactement là, dans la poitrine. Là ça brûle. Prisonnier d'une bulle. on se retrouve soudain enfermé, prisonnier d'une bulle dont on veut pourtant s'extraire. C'est asphyxiant, paniquant, On y manque d'air: et cette bulle dans laquelle on esr séquestré empêche aussi d'entendre ce qui se dit autour: Cette bulle nous prive d'un contact avec la réalité mais elle nous prive aussi de tout les autres mots d'amour. Elle nous arrache a la vie quotidienne. Tout parraît soudain, inutile, insignifiant, futile. On bouge par automatisme, on marche par habitude, et la tête, elle, est ailleurs là-bas avec l'autre qu'on ne voit pas. Ça fait tellement mal qu'on en pleure. Comme une madeleine. Les larmes coulent telle l'eau de la fontaine. Ça fait tellement mal qu'on ne mange plus; l'appétit a disparu. Ça fait tellement mal qu'on ne dort plus car on a l'impression que le sommeil nous vole. Ça fait tellement mal qu'on me vole plus parce que si l'amour nous donne des ailes, quelqu'un nous les a coupées. Parceque on a perdu un peu de nôtre âme, la moitié de notre coeur, C'est pour ça que la douleur est si vivre dans notre poitrine, et qu'on a le souffle court.
Or, même si on y croit jamais, ma fille, cela fini par passer, on réapprend a respirer.